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Que de dégâts créés par ceux qui ne décryptent l'IA que par le langage

Les théories plausibles diffusées dans les médias sans autre justification que le langage créent des couches de réalité détachées de la science. Le texte demande aux critiques des algorithmes de peser aussi leurs bénéfices, notamment en santé.

Cet article date de plus d’un an. Certains constats ont pu évoluer depuis.

Quand le discours purement langagier crée des couches de réalité détachées de la science

Que de dégâts créés par ceux qui ne savent décrypter l'IA et le monde que par le langage.


Des couches de réalité détachées de la science

La présence médiatique d'humains nourrissant des théories plausibles sans jamais avoir à se justifier autrement que par le langage crée des couches de réalité détachées de toute réalité scientifique.

Des couches qui peuvent avoir des conséquences positives, comme des droits fondamentaux et des régulations pour les protéger, mais aussi des conséquences négatives limitant notre capacité à répondre à des problèmes urgents en santé, en éducation, en gestion des ressources, etc.

En santé notamment, il devient quasiment impossible de déployer des algorithmes qui sauvent des vies dans nos hôpitaux tant la perception des décideurs est entachée de biais de plausibilité.

Questions déontologiques pour les critiques

À tous ceux qui se lèvent chaque jour pour pointer du doigt des algorithmes qui fâchent, ne pensez-vous pas que le minimum déontologique serait de couvrir davantage de couches de réalité?

  • Pensez-vous qu'on se respecterait autant entre humains des quatre coins du globe sans les échanges générés par nos algorithmes?
  • Pensez-vous qu'on saurait que le réchauffement climatique existe sans algorithmes?
  • Pensez-vous qu'on saurait gérer nos ressources naturelles et nos crises aussi bien par le langage seul?
  • Pensez-vous enfin que nous ne pouvons pas faire bien mieux en améliorant encore nos algorithmes?

L'équilibre nécessaire

Les fuites de données personnelles existent. La désinformation par les algorithmes existe. La télésurveillance irrespectueuse de certains de nos droits aussi. Les exemples sont suffisamment nombreux pour qu'on puisse ne parler que de ça.

Qu'en est-il cependant de l'analyse scientifique des rapports risques/bénéfices? Des algorithmes qui détectent les discours de haine à une échelle qui nous dépasse? De la télésurveillance qui sauve des vies?

Soyons clairs quand nous parlons des dérives de certaines IA et pas de l'IA en général. N'accordons pas une attention disproportionnée aux algorithmes qui fâchent et exigeons des humains dont les méthodes sont scientifiques de s'engager davantage pour élever le discours public.

La réalité fondamentale

Un humain sans algorithmes ne sera jamais qu'un calculateur biologique bien impuissant face à la complexité des défis qui nous attendent.

N'opposons pas non plus la réalité aux algorithmes. Trop occupés à penser le monde en termes langagiers découplés des preuves empiriques, nous avons perdu de vue la thèse de Church-Turing étendue quantique qui dit que le monde est fondamentalement indiscernable d'un algorithme.

Si vous pensez pouvoir prouver l'inverse, n'hésitez pas à aller chercher votre prix Nobel.